Périple en Ariège pour le festival Grands Chemins
2025
Périple ou la Nostalgie d’une Montagne (2024)
Durant un hiver sans neige, et un printemps fait d’averses diluviennes, je suis retournée dans son village d’enfance, à Sixt Fer-à-Cheval en Haute-Savoie avec le désir de confronter mon écriture à un territoire que je connaissais pour l’avoir habité, y avoir grandi, sans pour autant en revendiquer une expertise. J’ai fouillé dans les archives familiales et ai mené une trentaine d’entretiens avec celles et ceux qui habitent, ont façonné, ou façonnent encore ce paysage. De ce voyage dans ma mémoire et les récits de ce territoire, est né Périple ou la Nostalgie d’une Montagne.
Écrit en une dizaine de chapitres, ce spectacle assemble récit intime et théâtre-paysage, paroles enregistrées et éléments mélodiques, images vernaculaires et travail photographique. Habitée de ces différentes strates, j’interroge dans ce récit notre rapport aux paysages et à la nostalgie. Dans cette histoire, il est question des transitions et métamorphoses irréversibles qui s’opèrent aujourd’hui sur ces territoires de montagne.
Dans une veillée, on se retrouve autour d’un feu, à la tombée de la nuit, et on se raconte des histoires à la lueur des flammes. J’invite ici le public à une veillée revisitée. On se retrouve en plein jour, en fin de journée, et c’est à la lueur de la montagne que je raconte mes légendes. Devant le public, une dizaine de hauts-parleurs sont disséminés. D’autres voix que la mienne résonnent. Des photographies issues d’archives personnelles se mêlent à un travail photographique. Elles circulent au milieu du public sur des supports en papier ou visibles à travers de petites visionneuses à diapositives. Des images imprimées sur de grands tissus, traces brumeuses de paysages, apparaissent et disparaissent tels des spectres.
Dans ce spectacle, nous bouleversons le rapport d’échelle dont on a l’habitude au théâtre et tentons une autre expérience : porter une attention au monde vivant auquel nous sommes liés. Le paysage n’est pas un simple décor. Il est habité par d’autres êtres vivants qui s’y expriment. Une femme, interprétée par Suzanne Dubois, parfois très proche, parfois très loin, fait corps avec le paysage et la petitesse parfois de sa silhouette redonne une échelle plus juste à notre espèce et à son passage anecdotique parmi les choses.
Périple ou la Nostalgie d’une Montagne a été représenté à l’orée des refuges de la Réserve Naturelle de Sixt Fer-à-Cheval en août 2024. L’enjeu est de faire cheminer cette écriture dans de nouveaux espaces naturels. De massifs en massifs, l’écriture se recompose à la faveur d’autres portraits, d’autres récits, histoires, usages passés ou présents, projections.
Alix Denambride












