Amazighes Cycles, parures, motifs
2025
Vues de la scénographie et du contenu de l’exposition présentée au Mucem du 30 avril au 2 novembre 2025
Le monde amazigh, dont les origines sont diverses et encore sujettes à débats dans la communauté scientifique, s’est déployé, depuis au moins le Néolithique, sur un large territoire depuis l’Egypte jusqu’au Maroc et même aux îles Canaries, incluant le nord du Niger, du Mali et de la Mauritanie. Il partage une identité linguistique avec le tamazight et une écriture commune, le tifinagh.
Dans le monde amazigh, toute action de parure est associée à une signification de protection et d’éternel retour. L’action de parer, orner, recouvrir, décorer, renvoie à un statut, à l’identité d’un groupe. La parure, le tissage ou la céramique, loin d’être accessoires, sont essentiels et constituent une sorte de filtre physique ou magique, un dispositif total de protection du corps, de l’espace domestique et plus largement de l’espace social global. Des corps tatoués aux bijoux, en passant par les objets domestiques, les voiles ou tendeurs de tentes, les murs ou portes de maisons, se retrouvent les mêmes motifs, formes, symboles, qui ne sont pas seulement décoratifs mais jouent un rôle triple : esthétique certes, mais aussi thérapeutique et apotropaïque, et de marqueur social et de genre. Certaines limites de l’espace social amazigh sont clairement signifiées, de diverses manières, par des paroles, des attitudes, des figurations, mais également par certains rituels spécifiques autour des seuils et des portes, car elles marquent ou établissent des frontières entre l’extérieur et le domaine du foyer, qui reste essentiellement dévolu aux femmes








